À quoi sert la ram dans un ordinateur au quotidien ?

Difficulté : Débutant

Deuxième Quicky, dans lequel nous allons parler de RAM cette fois. Qu’est-ce que la RAM ? De son nom complet, Random Access Memory (Daft Punk Inside), il s’agit d’une mémoire à accès aléatoire (ou directement pour une traduction à l’échelle du mot), que nous expliquerons plus tard. Mais plus important encore, la RAM, c’est-à-dire la mémoire, stocke les données tant qu’elles sont activées. Dès que la tension disparaît (l’ordinateur s’arrête généralement), les données sont perdues. À quoi ça ressemble ? Il est sous la forme de pinces à cheveux , qui contiennent plusieurs puces de mémoire. Ces barres sont réglées dans un port DIMM (ou SO-DIMM si vous êtes sur un ordinateur portable).

La RAM n’a rien à voir avec le disque dur, et ce n’est pas une mémoire morte. On entend parfois que le disque dur serait une ROM. Faux. La ROM, la vraie, ne se modifie pas, elle reste figée, contrairement à votre disque dur qui adore qu’on lui écrive dessus, qu’on déplace, qu’on supprime, qu’on renomme. Ouvrir un document Word, le modifier, le sauvegarder ou non… tout cela serait impossible si le disque dur se comportait comme une ROM. Heureusement, ce n’est pas le cas.

Mais concrètement, à quoi sert la RAM dans la vie de tous les jours ? Prenons un cas simple. Vous ouvrez un fichier Word, vous le modifiez, puis vous fermez tout sans enregistrer. Le lendemain, surprise : le fichier sur le disque dur n’a pas changé. Rien n’a été altéré. Ce réflexe paraît naturel, mais derrière cette simplicité se cache un fonctionnement précis.

Regardons ça de plus près. Quand vous ouvrez Word et le fichier, tout est copié dans la RAM. On dit alors que votre document est chargé en mémoire. Chaque lettre tapée modifie le fichier temporaire en RAM, pas l’original sur le disque dur. Si vous fermez sans enregistrer, rien n’a bougé sur le disque. Si vous choisissez d’enregistrer, alors la version en mémoire écrase celle du disque dur. Là, et seulement là, le changement devient définitif.

Voilà une première utilité : pouvoir manipuler des données sans toucher immédiatement à l’original. C’est loin d’être le seul usage, mais c’est déjà une clé pour comprendre comment la RAM intervient dans notre quotidien informatique.

On parle beaucoup de « chargement » de données en mémoire. Pourquoi ce détour ? Simple affaire de rapidité. La RAM va cent fois plus vite que le disque dur, même les SSD n’atteignent pas ces vitesses. Quand on dit « rapide », ce n’est pas une formule : la différence est gigantesque.

Pour comprendre, il faut revenir au « aléatoire » dans Random Access Memory. Contrairement au disque dur, qui fonctionne mieux quand les données sont rangées les unes à la suite des autres (accès séquentiel), la RAM accède à n’importe quelle information en un temps constant. Sur un disque dur, si le bras doit se déplacer loin, l’attente augmente. En RAM, tout est immédiat. Mieux : lecture et écriture peuvent se faire en même temps, sans ralentissement.

Quelques chiffres pour faire la différence : un disque dur classique, dans les meilleures conditions, atteint 100 à 200 Mo/s en lecture. Dès que les fichiers sont éparpillés, ça chute à quelques Mo/s. D’où la fameuse défragmentation. La RAM, elle, dépasse allègrement les 20 Go/s, quel que soit le type d’accès. L’écart n’a rien d’anodin.

Et ce n’est pas tout. Le temps d’accès moyen à un disque dur tourne autour de 10 millisecondes. C’est minuscule pour un humain, mais pour un processeur, c’est l’équivalent d’un siècle. La RAM, elle, répond en quelques dizaines de nanosecondes. Autrement dit, un million de fois plus vite. À cette échelle, l’expression « gain de temps » prend tout son sens.

On comprend alors pourquoi la RAM est si précieuse. Chaque fois que vous lancez un jeu et qu’un écran de chargement s’affiche, le PC transfère décors, personnages, sons… depuis le disque vers la mémoire. Ensuite seulement, le processeur s’attaque aux données ultra-rapides stockées dans la RAM, pas au disque dur, pour éviter les ralentissements.

Votre ordinateur embarque même une mémoire encore plus véloce que la RAM, mais ce sera pour un autre sujet.

Qui sollicite la RAM ? Absolument tout. Le système d’exploitation lui-même occupe une partie de la mémoire dès le démarrage. Votre navigateur Internet fonctionne en RAM, chaque onglet ouvert y prend sa place. Un lecteur audio ou vidéo met aussi en mémoire une partie du fichier pour éviter les coupures, c’est exactement le principe du « buffering » sur Youtube. Si vous changez brutalement de position dans une piste audio locale, un petit délai se fait sentir : c’est le temps que le tampon se remplisse à nouveau.

Les logiciels de retouche photo, comme Photoshop, chargent aussi programme et images en RAM. Les jeux vidéo, eux, utilisent la mémoire pour la carte, les textures, les modèles… La liste est longue : quasiment chaque action sollicite la RAM. Ce qui paraissait surdimensionné hier (640 Ko suffiraient pour tout le monde, disait-on) est devenu anecdotique aujourd’hui.

Que se passe-t-il quand la mémoire vient à manquer ? Les données inutilisées sont libérées en priorité. Si ça ne suffit toujours pas, l’ordinateur bascule en « swap » : il utilise le disque dur comme extension de la RAM. Mais à la vitesse du disque, on ne joue plus dans la même cour. Les performances s’effondrent.

La question revient souvent : combien de Go de RAM faut-il ? Pour une utilisation bureautique, 4 Go constituent un seuil raisonnable. Les applications deviennent de plus en plus gourmandes, les vidéos grossissent, les pages web multiplient les éléments interactifs…

Pour le jeu vidéo récent, le minimum syndical a grimpé. La plupart des nouveaux titres sont développés sur consoles équipées de 8 Go de RAM, puis adaptés au PC. Les textures, les univers, tout a pris de l’ampleur. Aujourd’hui, espérer jouer sereinement avec 4 Go relève de l’exploit. Il vaut mieux viser 8 Go pour les jeux.

Quant à la création graphique ou à la modélisation 3D, la gourmandise grimpe vite. Photoshop utilisé de façon intensive, ou un logiciel comme 3DS Max, peut saturer 16 Go de RAM sans sourciller. Dans ces usages, viser plus large n’est jamais superflu.

Alors, combien de mémoire vive fait tourner votre machine ? Peut-être plus qu’il n’en faut… ou pas assez pour vos envies d’aujourd’hui et de demain.

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